Ce que la société civile apporte à la COP17 : Réflexions sur les territoires résilients à la sécheresse

J’ai récemment assisté au webinaire du panel CSO de la CNUDC sur les principales conclusions des consultations mondiales et les résultats des actions de Désertif 2026. La discussion a transmis un message clair et urgent : la sécheresse ne peut plus être traitée comme une urgence temporaire à gérer après que les dégâts soient déjà en cours. Il faut l’aborder comme un défi structurel qui remodele continuellement la terre, l’eau, les moyens de subsistance et la gouvernance sur l’ensemble des territoires.
Le webinaire a souligné que les impacts de la sécheresse vont bien au-delà de la rareté immédiate de l’eau. Ils incluent la perte de biodiversité, la dégradation de la santé des sols, l’affaiblissement des services écosystémiques et la réduction à long terme de la productivité des terres. L’urgence, donc, n’est pas simplement d’apporter une aide d’urgence. Il s’agit de sécuriser l’eau, de soutenir des moyens de subsistance résilients au climat et de restaurer les écosystèmes qui soutiennent la vie humaine et agricole. La note sur l’eau des actions du Désertif soutient également que des sécheresses de plus en plus fréquentes et intenses exposent les limites des approches basées uniquement sur l’expansion de l’offre ou la mise en place de solutions techniques ad hoc, et que la sécurité de l’eau dépend d’arrangements institutionnels, sociaux et politiques qui soutiennent une prise de décision équitable.
L’un des thèmes les plus forts du webinaire était la nécessité d’un passage systémique d’une réponse réactive aux crises vers une gestion proactive et préventive des sécheresses. Ce changement dépend d’une meilleure coordination entre l’eau, l’agriculture, la terre et la gouvernance climatique. La note d’information de la CNUD aide à expliquer pourquoi cela est important. Les décisions de la COP guident la mise en œuvre à travers des orientations stratégiques, scientifiques, financières, institutionnelles et opérationnelles, et la société civile peut influencer ces décisions par des déclarations, des travaux intersessionnels et des processus collectifs de plaidoyer.
Cette prise de conscience s’inscrit fortement dans le modèle de développement participatif de la High Atlas Foundation (HAF), qui intègre l’agriculture, l’irrigation, l’eau potable, l’autonomisation des femmes et la planification locale dans le cadre d’un processus de développement plus large. La HAF collabore avec les communautés à travers le Maroc, ses 9 pépinières produisent plus de deux millions de jeunes plants chaque année dans 50+ provinces, et elle a planté plus de 5 millions d’arbres depuis 2003 en partenariat avec des agriculteurs, des coopératives et des écoles. Il a fallu 11 ans à la HAF pour planter son premier million d’arbres auprès de familles d’agriculteurs au Maroc, pour enfin atteindre ce niveau de production. Grâce à des liens solides avec les communautés locales, la HAF a soutenu 17 000 familles agricoles avec des jeunes plants abordables et un soutien pratique lors des saisons de semis de 2021 à 2024, tandis que 4 000 agriculteurs ont obtenu la certification biologique grâce au soutien de la HAF.
Ce qui m’a le plus marqué après le webinaire, c’est que la résilience est quelque chose qui se cultive ensemble. Elle est cultivée dans des sols restaurés, dans des eaux protégées, dans des communautés décidant ensemble de la manière dont elles prendront soin de l’avenir. Pour la High Atlas Foundation, ces idées se manifestent à travers tout le Maroc dans le travail constant de plantation, d’organisation, d’autonomisation et de reconstruction avec les communautés. La sécheresse peut révéler la fragilité de nos systèmes écologiques, mais elle révèle aussi la force qui émerge lorsque les humains et la terre sont renouvelés ensemble. C’est le message clé que ce webinaire a ouvert, et c’est un message que la HAF contribue à mettre en pratique.