Patrimoine, eau et durabilité : visite des étudiants de l’Université de l’Utah à Moul Al May

Au cœur des paysages semi-arides de Sidi Rahal, dans la province d’El Kelaa des Sraghna, le site historique de Jacob Ahmias, connu localement sous le nom de Moul Al May, connaît aujourd’hui une nouvelle dynamique portée par la High Atlas Foundation (HAF). Le 20 mai 2026, une délégation de l’Université de l’Utah y a été accueillie pour une immersion exceptionnelle au site historique de Jacob Ahmias, connu localement sous le nom de Moul Al May, « Le Maître de l’Eau ».
Bien plus qu’un simple lieu historique, Moul Al May représente un symbole vivant de la coexistence culturelle et des savoir-faire traditionnels liés à l’eau dans les régions semi-arides du Maroc. Ce sanctuaire du patrimoine juif marocain est profondément ancré dans la mémoire locale et témoigne de pratiques ancestrales de résilience face à la rareté des ressources hydriques. À travers l’histoire de Jacob Ahmias, surnommé « Le Maître de l’Eau », les visiteurs ont découvert comment les communautés locales ont su, pendant des siècles, préserver et valoriser une ressource essentielle à la vie.
La visite a également permis de mettre en lumière les infrastructures hydriques du site, où traditions et innovation se rejoignent. Les participants ont découvert le futur système de pompage alimenté par l’énergie solaire ainsi que la Matfia, un ancien système de collecte et de stockage de l’eau qui illustre l’ingéniosité hydraulique traditionnelle de la région. Ces échanges ont souligné l’importance de préserver les connaissances locales tout en développant des solutions modernes adaptées aux défis climatiques actuels.
Au-delà de sa valeur patrimoniale, le site porte aujourd’hui une ambitieuse vision environnementale et sociale. La High Atlas Foundation y développe un projet de restauration écologique articulé autour de deux axes complémentaires. Le premier consiste à créer une zone forestière et une banque génétique destinées à produire des graines, des greffons et du matériel végétal pour les pépinières communautaires de la fondation. Cette initiative vise à soutenir les programmes de reboisement, à lutter contre la désertification, à restaurer les paysages naturels et à renforcer la séquestration du carbone.
Le second axe concerne le développement d’une filière de plantes aromatiques et médicinales qui sera gérée par une future coopérative de femmes de Sidi Rahal. À travers ce projet, la fondation souhaite encourager l’autonomisation économique des femmes rurales en créant des activités génératrices de revenus fondées sur la valorisation durable des ressources locales.
Lors de l’atelier participatif organisé à la fin de la visite, les discussions ont porté sur les mécanismes de finance carbone, la gouvernance future du site et les modèles de gestion partagée permettant d’assurer la durabilité économique du projet. Les échanges ont mis en évidence la manière don’t les initiatives environnementales peuvent simultanément soutenir les communautés locales, préserver le patrimoine culturel et contribuer à la lutte contre les changements climatiques.
Tout au long de la journée, les membres de la délégation de l’Université de l’Utah ont manifesté un vif intérêt pour les différentes dimensions du projet. La mission s’est achevée dans une atmosphère d’échange et de réflexion commune autour du rôle que peuvent jouer les sites historiques dans la construction d’un développement territorial plus durable.
À Moul Al May, le patrimoine n’est pas seulement conservé : il devient un point de départ pour imaginer un avenir où mémoire, écologie et développement communautaire avancent ensemble.