Réflexions sur le temps, la perspective et le lieu
Je me demande si étudier à l’étranger est autant défini par le fait que nous partons que par le fait que nous arrivons. Dès que je suis descendu de l’avion, un compte à rebours invisible s’est fait entendre en arrière-plan. Même si je ne pensais pas consciemment à rentrer chez moi, j’ai toujours su que je le ferais. Je me demande comment cela change ma façon de vivre cet endroit. Est-ce que j’apprécie davantage les petits moments parce que je sais qu’ils sont limités ? Le fait de savoir que je rentre chez moi dans une vie relativement confortable change-t-elle ma façon de bouger ou de vivre les choses ici ?
Les habitants du Maroc, ou ailleurs d’ailleurs, ne vivent pas ce pays avec une date de péremption. Ils construisent des vies ici sans mesurer constamment le temps par rapport au départ. Moi, en revanche, je bouge en sachant que ce chapitre va se terminer. Cette conscience rend chaque expérience à la fois plus précieuse et plus lointaine.
Il y a un privilège à savoir que je peux partir quand les choses semblent difficiles ou inconfortables. Je sais que c’est temporaire. Il est facile d’étudier les problèmes d’un autre pays quand on sait qu’on va revenir à une autre vie ; Il est beaucoup plus difficile de se rappeler que les personnes confrontées à ces difficultés ne peuvent pas « étudier à l’étranger » à cause de celles-ci.
J’ai aussi réfléchi à la version du Maroc que je vais réellement voir. Je traverse ce pays selon un itinéraire précis, guidé par des personnes précises, visitant des communautés qui ont accepté d’être visitées. Il y a une version de cet endroit que je comprends, et d’autres que je ne comprends pas, et je ne sais pas toujours où est la limite. Ce n’est pas une critique du programme, c’est juste une chose honnête à accepter. Chaque endroit où je suis allé a eu du sens, mais être emmené quelque part est différent de le découvrir soi-même, et je pense que cette distinction compte même si je ne peux pas encore expliquer pourquoi.
I think part of it has to do with intention. When you’re taken somewhere, someone else has already decided that this place is worth seeing. They’ve chosen the route, the conversations, and the stories that will introduce you to the cooperatives, villages or tree nurseries. This isn’t inherently a bad thing; in many ways, it’s a privilege. Without those introductions, I wouldn’t have met many of the people I’ve met or learned about the projects we’ve seen. At the same time, I wonder what I miss from experiences outside of the ones set up for me. Every itinerary is, by nature, selective. Every introduction leaves something else unexplored.
J’ai commencé à réaliser qu’un itinéraire n’est pas seulement un planning, c’est aussi une histoire. Chaque étape suggère quelque chose d’important sur ce pays, que ce soit l’agriculture, la santé publique, la coopérative ou le développement communautaire. Ce sont toutes des choses qui valent la peine d’en apprendre, mais ce sont aussi des choix. D’innombrables autres histoires se déroulent à travers le Maroc qui ne font pas partie de ce voyage. Cela ne rend pas les expériences que nous avons vécues moins significatives, mais cela me rappelle que chaque programme, comme tout voyageur, construit sa propre version d’un lieu.
Prendre conscience de cela m’a rendu plus intéressé à prêter attention à la façon dont je perçois les choses. Chaque expérience est façonnée par les circonstances qui la créent. Si j’étais venue ici en vacances, je serais probablement repartie avec une impression complètement différente. Si j’étais ici pour un semestre, ou que je travaillais ici, ou que je passais simplement seul, ma compréhension serait différente à nouveau. Aucune de ces expériences ne serait nécessairement plus vraie qu’une autre – elles révéleraient simplement différentes parties du même lieu.
Je pense que c’est quelque chose que je vais garder avec moi au-delà de ce voyage. Il est facile de supposer que nos expériences parlent d’elles-mêmes, mais elles ne le font jamais vraiment. Ils sont toujours influencés par l’endroit où nous allons, avec qui nous sommes, les questions que nous posons, et même ce que nous espérons trouver. Cette expérience m’a rappelé que découvrir un lieu ne se résume pas à collecter des observations ; Il s’agit aussi de reconnaître le prisme à travers lequel ces observations sont faites.